n°1

Il est des mots crûs à entendre
Comme des mots durs à prononcer
Mais attention à ne pas se méprendre
C'est ce qui est parfois exigé par la vérité

Toujours bonne à prendre et à encourager
Car trop vite oubliée dans notre société.
Société dont les principales fondations
Repose sur un tapis de mensonges et de trahison

L'amour de son prochain n'étant qu'une utopie
Pour des idéalistes sans cesse critiqués
Dénoncés, oubliés, perçus comme des ahuris
Car essayant tant bien que mal de préserver

Des valeurs qui aujourd'hui sont inapplicables
L'honnêteté, le respect en font évidemment partie
Leur grandeur ne saurait être discutable
Et pourtant certains sans malaise s'en rient

La droiture et l'altruisme sont aussi mis de côté
A moins d'en être financièrement dédommagés

Comment donc percevoir un avenir enchanteur
Dans de brouhaha où se mélange pêle-mêle
Cruauté, vindictes et désirs destructeurs
Tellement aboutis qu'ils mériteraient un label
Celui de la lente dénaturalisation de nos âmes
Perdus dans les dédales d'un magnifique drame.
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# Posté le samedi 14 avril 2007 11:15

n°2

L'amour tout comme la haine fait se mouvoir
Car la maîtrise de leurs effets est un grand pouvoir
Manipuler autrui devient alors horriblement aisé
Et jouir de ce contrôle va peu à peu se justifier

Par l'éventuelle possibilité qu'un beau matin
Les rôles soient échangés malgré tous nos efforts
Et que de tyran l'on passe victime en un tour de main
Ce que tout être redoute plus encore que la mort
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# Posté le samedi 14 avril 2007 11:16

n°3

Il m'arrive de me demander pourquoi ceci et cela
Sans doute pour me donner l'impression d'être actif.
Mais la vie s'écoulant lentement, pas à pas
Nous notons que ces réflexions ne sont qu'un palliatif

Pour ne pas voir en face la dure et sombre réalité
Notre salut étant de jour en jour compromis.
Quoi de plus normal que d'avoir peur pour notre intégrité
Qui se joue là, inexorablement, tel un vulgaire pari.

Et si un jour, par miracle, une réponse nous est donnée en secret
Une nouvelle interrogation émerge subitement le jour d'après.

Et c'est dans cette quête perpétuelle et éprouvante
Que nos vies s'achèveront dans cette atmosphère pesante,
Du labeur inachevé malgré tous les efforts fournis
Le triste glas sonnant l'apparition de l'impénétrable nuit
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# Posté le samedi 14 avril 2007 11:18

n°4

Le calme imposant d'une douce nuit
Traduit certaines fois un terrible non-dit
Celui de la peur qui peu à peu se nourrit
De nos faiblesses inconnues ou enfouies.

Et lorsque la pénombre lentement se durcit
Le pôete dont l'incroyable inspiration se tarit
Se laisse submerger par ce torrent mélancolique
Qui parfois le fait se conduire en alcoolique

Tout comme cet homme visiblement sadique
Qui torture ses employés à la manière antique
Coups de fouet effrayants qui sans cesse leur indiquent
Que leur vie serait plus simple avec une dose d'arsenic

Tant de souffrance et de peine ainsi vécues
Il convient de réfléchir par quoi nous somme mûs

Pour envisager une quelconque évolution
Laissant de côté cette puéril sublimation
D'êtres apparemment supérieurs que nous serions
L'intelligence étant mère de certaines prétentions.
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# Posté le samedi 14 avril 2007 11:19

n°5

Il était une fois dans un morne quartier
Un enfant qui jouait à longueur de journée,
Seul ou accompagné de son ami d'enfance,
Imaginaire certes mais digne de confiance

Auquel il confiait les moindres des ses pensées
Les soumettant ainsi à son subjectif jugement.
Mais pour cet enfant invisiblement perturbé
La perception des choses se faisait étrangement.

Sans parents et dès la naissance adopté,
Son malaise progressa inéluctablement
Son refuge le plus sûr étant pour lui l'invention.
Tout un monde, tel un chantier en construction
Il bâti un abri pour se sauver du monde réel
En lequel il n'avait plus foi parce qu'avec lui trop cruel.

Un jour, en proie à des sentiments trop confus
Ses afflictions le poussant à toute sorte d'abus,
Laissant monter en lui cette colère sans limite,
Il se défoula criant sa haine qui le consumait.
Et la main serré sur un morceau de granit
Il frappa un chient errant aux banals attraits
Petit, masqué sous son poil abondant
L'animal ne cessa de geindre en mourrant.

Cet épisode choquant de sa courte vie
Le marqua à tout jamais et lui inspira l'envie
De renouveler son acte trois courts mois plus tard
Avec le chien des ses voisins, ce pauvre Léonard.

Une fois assouvie cette perverse pulsion,
L'enfant eut l'étrange et déroutante impression
De combler un vide, un manque qu'il connaissait
Celui de l'illusoire liberté qui lui apparaissait
Lorsqu'il discutait longuement avec son ami Marco
Cet interlocuteur de son esprit qui ne lui disait mot,

Quant il faisait fausse route sur le chemin de la raison.
Son équilibre mental disparut alors au fil des saisons
Le conduisant sans nuls détours vers un établissement sombre
Où évoluaient des personnes en tout point telles que lui.

Il passait ses journées à rire seul et à répondre
A son compagnon, très sérieux, allongé sur son lit
Le terme de sa vie ressemblant parfaitement
A son existence troublante, ça et là ponctuée
D'une folie qui l'aura lentement tué.
Lui, cet être qui faisait fi de l'entendement.
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# Posté le samedi 14 avril 2007 11:21